Vous avez dit figuration ?

Selon la définition simple qu’en donne Anne Souriau dans son essentiel Vocabulaire d’Esthétique, « l’art figuratif est celui qui représente l’aspect sensible des êtres et des choses ». Le XXe a été marqué par des mouvements contraires entre abstraction et figuration qui se sont livrés un combat – amical, s’entend – sans merci, les différents courants s’appuyant parfois sur la négation de ce qui précédait pour faire jaillir de nouvelles lignes de force artistique opposées : ainsi du refus de l’expressionnisme abstrait américain ou de l’art conceptuel émergeant aux États-Unis est née une vague figurative qui part du Pop Art américain pour connaître bien des développements aujourd’hui encore. Pourquoi cette suite de courants affirme-t-elle une approche figurative de l’art ? Tout simplement parce qu’elle est un art représentatif, avec ses niveaux de compréhension – parfois son second degré – qu’il nous faut interpréter en posant au-delà de la chose représentée un message plus ou moins caché. Elle découle ainsi d’une longue tradition qui nous confronte au réel et nous le restitue, non sans déformation, par le jeu de la pensée, avec la volonté autant de montrer que de dire. De manière sérieuse parfois, avec un brin de subversion plus souvent.